mardi 27 mars 2012

LE CHAT PEDAGOGIQUE


 Voici une présentation plus enrichie du chat


L’usage pédagogique du chat.
Dans une plate forme d’enseignement à distance, la communication entre les différents acteurs se fonde sur l’utilisation des outils synchrones et asynchrones. Après la vidéoconférence et l’audioconférence, le chat est également un outil fortement utilisé en communication synchrone.
Présentation
Les  outils synchrones  permettent une communication  en temps réel entre plusieurs internautes  distants les uns des autres, et qui nécessitent une connexion simultanée des personnes qui vont  dialoguer ensemble.
Le chat ou Internet Relay Chat  (IRC), est l’un des outils synchrones les plus connus. Encore appelé le clavardage,  constitue des espaces de communication en temps réel (bavardages, groupes de discussions,  chat), qui peuvent être utiles pour la pratique d’une langue étrangère. il permet  l’échange de textes simples et l’utilisation de la fonction « copier-coller ».
Pourquoi utiliser le chat à l’école ?
 Les jeunes considèrent qu'il fait partie intégrante de leur culture de communication ; les enseignants estiment souvent qu'il manque d'intérêt et de signification. Mais le t'Chat est un moyen de communication très moderne, l'un qui, dans un sens, «attend sa chance» de faire partie intégrante de l'enseignement en réseau. Il existe également différentes sortes d'élèves qui ont chacun leur propre façon d'apprendre. Un étudiant passif peut soudain devenir très actif et confiant pendant une session de t'Chat. Dans certaines situations d'apprentissage et de formation, pour lesquelles des réactions rapides et une interactivité sont nécessaires, le t'Chat possède de nombreux avantages et est plus facile à utiliser que le courrier électronique. Sous son meilleur jour, le t’Chat constitue un forum où un petit groupe d'individus peuvent s'engager dans un rapide échange d'idées et d'expériences - une séance de brainstorming et un échafaudage de connaissances en quelque sorte. Le t'Chat met en évidence une interactivité simultanée et renforce un sens de communauté entre les participants.
  Potentialités / applications / avantages:
- La force de la simultanéité.  Plusieurs participants connectés sur un même espace qui peuvent se centrer sur un thème ou suivre des dialogues parallèles (créant des complicités thématiques  ou  sous-bavardages).
- L’écrit  dépasse l’oral: La visualisation du dialogue à plusieurs participants permet quand même de communiquer, situation impossible à l’oral (bruits, interférences).
- Dialogue coupé, très bref, agile, qui essaie d’imiter l’oral.
- Possibilités d’échanges divers (linguistiques, culturels,  psychologiques, etc.).
- Terrain vierge pour l’expérimentation et la recherche en didactique des langues
  Limites méthodologiques dans l'enseignement / apprentissage d’une langue étrangère:
- Utilisation exclusive de la langue écrite.
- Simplification dans la communication (tics, langages codés ou spécialises, jargons, etc).
- Langue appauvrie, très vivante mais limitée.
- Erreurs et fautes grammaticales, orthographiques,  lexicales, etc.
- Absence de stratégies pédagogiques (activités et tâches précises).
- Absence de surveillants ou d’enseignants capables d’orienter ou de corriger.
- Risque de démotivation: répétitions, monotonie, automatisme, etc.
- on y rencontre fréquemment des interjections comme ben !ou bof !, et la syntaxe a toutes les caractéristiques de la langue parlée  (registre familier) avec des reprises et des phrases inachevées.
Enfin, il est caractérisé par une spontanéité, pas le temps de "penser une réponse", ne permet pas de faire un "exposé" (y a toujours quelqu'un qui coupe en cours).

Possibilités d’utilisation de ces outils dans l’enseignement-apprentissage.
Le chat est un outil de plus en plus utilisé en milieu scolaire, sous l’appellation de clavardage pédagogique  dans les circonstances suivantes :
 · Séances de brainstorming et discussions en temps réel sur un sujet donné
 · jeux de rôle et simulations
 · Echange d'opinions et débats et discussions en petit groupe
 · Tutorat et conseils
 · Recherches de groupe
 · Horaire d'accueil de l'enseignant et discussions d'évaluation
 · Discussions de planning pour les enseignants
 · Création d'une communauté en ligne
  . La gestion du temps est un élément très important
   Exemples et critique
   - Type d’accès au chat (A): libre, par inscription,  télécharger connecteur ;
   - Fréquentation  (F): peu ou très fréquenté ;
   - Thématique du chat (T)
Type A/:libre, modéré. /Type F: enseignement  cours de FLE ou essais pédagogique
Type T : tâche, exercices, expériences didactiques.
·        Salon de tchatche du site "Etudiants du monde"
http://www.studentsoftheworld.info/menu_entreamis.phpcom"> .
A :par inscription ; F : variable ; F :plusieurs sujets
·        Shared Talk: communauté d'apprentissage linguistique
http://www.sharedtalk.com/.com"> .
A : Par inscription ; F : variable ; T : Plusieurs sujets, plusieurs salles de langues
Comme critique on peut dire  que le chat pédagogique est plus utilisé dans les matières  littéraires que les matières scientifiques qui demandent de a pratique.
Vécu personnel
Au cours d’un chat, surtout dans le cadre d’une formation professionnelle  à distance, le problème de déconnexion Internet sont des situations sont des situations fréquemment stressantes. Pendant de tels entretiens, on est constamment en prière pour bien finir.
 Conclusion
Le chat est un instrument très prisé de conversion qui présente des avantages qui est intégré dans des usages pédagogiques. Par son interactivité, il rend la conversion vivante en rapprochant des personnes éloignées.

lundi 26 mars 2012

Article 1 : Les blogs pédagogiques

1. Définition
Le terme blogue, carnet ou cybercarnet, est issu de l’anglais Web-log ou journal Internet. Il s’agit d’un site Web généralement publié par un seul individu, centré sur un sujet particulier et régulièrement mis à jour. L’ordre chronologique des articles ou des billets d’un blogue parait en inversé (nouveaux billets en premier) et chacun peut être commenté. Les articles sont rédigés dans différents types : textes, vidéos, blogs photographiques...
A.P.Campbell (2003) proposait une triple division des blogs dans l'enseignement des langues: tutor-blog dans lequel l'enseignant organise les contenus du cours; learner-blog, rédigé par un seul étudiant ou par un groupe; class blog, élaboré en collaboration par la classe et l'enseignant. Ainsi tout un vocabulaire désigne ses différentes utilisations : vidéo-blog (blog vidéo), bd-blog (blog BD), photo-blog (blog photo), audio-blog (blog audio)...
La principale mission d’un blog c’est la diffusion large et facile de ses opinions, réflexions ou activités, le plus souvent en regard de l’actualité.
Les blogs sont utilisés d’abord par les journalistes, chroniqueurs et experts en technologie, ils se sont multipliés. Il y en a maintenant plus de 130 millions, principalement de type journal personnel. Les blogueurs sont, aux deux tiers, des hommes. Ce sont surtout des adultes ayant très majoritairement une formation postsecondaire.
Le terme blogue ait été le « mot de l’année » en 2004, le format remonte au journal personnel de l’étudiant Justin Hall, en 1994. Le terme lui-même date de 1997 et le premier hébergeur, Open Diary, de 1998.
Les blogues sont surtout créés en utilisant des hébergeurs Web publics et gratuits comme Blogger, WordPress, EduBlog.., auxquels il faut s’inscrire. Pour avoir plus de contrôle sur les données et les contributeurs ou personnaliser davantage l’interface, on peut installer plutôt sur ses propres serveurs un logiciel de blogues comme B2Evolution, Dotclear, Movable...etc.

2. Contextes pédagogiques de l'utilisation des blogs :
L’intégration des weblogs ou carnets Web dans l’éducation se poursuit dans différentes domaines. Dans l’enseignement des langues ces systèmes de gestion de contenu (CMS) favorisent la communication réelle, le travail collaboratif entre les enseignants et les étudiants et le développement de contacts interculturels.
Mais pour arriver à ce niveau, il faut apprendre à apprendre, c'est-à-dire à chercher, évaluer, exploiter l'information où elle se trouve, à acquérir auprès des autres les connaissances nécessaires, apprendre à collaborer, autrement dit à partager projets, informations et méthodes avec d'autres pour atteindre un but commun. Apprendre à enseigner aussi et surtout, c'est-à-dire à transférer ses connaissances à d'autres. Pour ce faire, il est nécessaire d’apprendre à capitaliser, c'est-à-dire à transformer ses expériences en connaissances, et évidemment d’apprendre aussi et surtout à projeter, à imaginer et à créer de nouveaux possibles, notamment en proposant aux élèves de s’investir dans un blog-classe disciplinaire par exemple.
L’usage d’un blog-classe est aujourd'hui un outil d’expression et de communication très apprécié des élèves qui savent très bien les administrer. Il s’agit alors de s'appuyer sur l’interactivité auteur-lecteurs et lecteurs-lecteurs pour faire du blog un espace de communication et d'échange à distance, où le professeur propose aux élèves des activités permettant de mettre en œuvre et de développer des capacités, connaissances et attitudes du socle commun. Les élèves interviennent sur le blog en rédigeant des articles et pages conformes aux exigences de maîtrise de la langue, et des argumentations demandées.
Le blog peut constituer un outil intéressant pour des projets tels que la création d'une newsletter de la classe regroupant les articles écrits par les étudiants et leurs photos, une radio (en utilisant la technologie du Podcast), un journal de classe, un roman photo, le journal d'un voyage scolaire .
Les apprenants peuvent utiliser le blog comme portfolio personnel dans lequel ils pourront publier leurs travaux, enregistrer leur expérience en classe ou leurs réactions face à leur processus d’apprentissage. Le blog constitue dans ce cas un outil d’analyse réflexive et d’auto-évaluation. Comme le souligne André Roux.
Exemples : Blog Solidaires du monde (http://educinfos.solidairesdumonde.org/) ; Blog Skolanet (http://skolanet.over-blog.fr/); Educa.ch ( http://www.educa.ch/)..

3. Avantages et inconvénients des blogs:
Le blog utilisé à des fins pédagogiques permet de développer des pratiques collaboratives et de co-construction à l’intérieur d’espaces éducatifs toujours plus vastes. Il inscrit le travail des enseignants et des apprenants dans une logique possible de conception, de développement et de collaboration, dans et hors la classe.
En voici donc quelques avantages :
• Souplesse et agilité pour la création de contenus : faciles à utiliser et à intégrer dans différents contextes pédagogiques: interface intuitive, édition des textes et publication rapide sur le web. « Ils sont ouverts au dialogue grâce à la fonction commentaires ». (Deitering, Huston, 2004 ; Johnson, 2004 ; Man, 2004 ; Asselin, 2006 ; Martínez, Alvarez, 2008).
• Favorise le travail collaboratif et la construction de projets coopératifs : se sont outils dynamiques qui favorisent la création et la motivation chez les étudiants, ils peuvent renforcer le travail collaboratif en classe (Downes, 2004 ; Stanley, 2005 ; Ward, 2004).
• Ils sont polymorphes et s'adaptent à leurs environnement (pour la classe, pour les groupes associatifs, pour les chercheurs) .
• Ils permettent le tutorat, l'évaluation et la mise en commun entre enseignant et étudiants : L’utilisation des blogs en éducation modifie les rôles et les relations entre l’enseignant et les apprenants, en introduisant de nouvelles expériences pédagogiques pour la classe (O’Donnell, 2005 ; Lara, 2006 ; Tomé, 2007).

Les limites des blogs :
L’enseignant devra tenir compte d’un certain nombre de difficultés ou de contraintes :
• La connexion : l’utilisation des blogs nécessite une connexion à Internet.
• Le logiciel : Les outils de publication de blogs sont en effet souvent moins souples que les outils de création de pages web traditionnelles.
• La motivation des élèves : le facteur de nouveauté ne suffit pas à susciter chez les apprenants l’envie de les utiliser. les blogs fonctionnent lorsque les apprenants prennent l’habitude de s’en servir.
• Les droits : l’enseignant doit veiller à sensibiliser ses apprenants aux problématiques du droit d’auteur et du droit à l’image mais aussi au contenu des textes qu’il met en ligne sur son blog.
• La qualité des textes : la mise en ligne des textes des apprenants pose la question de la qualité des publications souvent accessibles à n’importe quel internaute.




DES USAGES PROFESSIONNELS DU BLOG: PARTAGE D'EXPERIENCES


           
 


 Une professeur de lettres, Françoise Cahen,  partage ses expériences de l'usage du blog avec ses élèves. c'est des succès qui méritent d'être contextualisés et essayés ...
Rien de grand ne s'est accompli dans le monde sans imitation (Victor Hugo).

 44                                                                                                               APPLICATIONS PÉDAGOGIQUES
Des outils pour le français
Il existe différents types de blogs. Avant de se lancer, une première étape consiste donc à définir son projet. Tout d’abord, il faut savoir qu’une caractéristique du blog est que les informations s’y affichent par ordre chronologique inversé. Ainsi, même si l’on peut faire des rubriques thématiques pour retrouver les articles plus facilement, c’est toujours le dernier article publié qui s’affiche en premier. Ensuite, un blog ne peut pas concerner plusieurs classes à la fois, sinon – l’expérience le montre – on ne s’y retrouve plus. Il est donc conseillé d’associer un blog à une classe et une matière, alors qu’un site, en revanche, s’adresse plus facilement à plusieurs classes pour une matière (c’est ce que montre le site d’un collègue de mathématiques) ou plusieurs matières pour une classe (mes BTS domotique ont ainsi leur site). Enfin, un projet initial peut évoluer ; j’exploite d’ailleurs mes blogs assez différemment de ce que j’avais imaginé au départ. La typologie qui suit donne un aperçu des catégories de blogs existantes.

Définir son type de blog
Le blog « cahier de textes » Le blog est souvent un cahier de textes (voir le blog « Atout lettres première »). Parfois assez peu interactif, il présente l’avantage d’être consultable par les élèves à domicile, contrairement au cahier de textes classique. Comme celui-ci, il n’est pertinent que s’il est rempli chaque jour. En outre, cette notation quotidienne des activités scolaires rend la présentation des devoirs et des cours assez abrupte. La fonction « commentaire » du blog est même parfois désactivée. Reste qu’il s’agit tout de même d’un bon outil de gestion, qui fait penser au « cartable électronique » dont on parle beaucoup en ce moment dans l’académie de Créteil.
Le blog pédagogique
Premières impressions d’une utilisatrice Quelques repères pour se lancer dans la création
d’un blog avec les élèves.
Françoise Cahen
PROFESSEUR DE LETTRES MODERNES
LYCÉE MAXIMILIEN-PERRET, ALFORTVILLE (94)
Ce type de blog peut aussi être un espace d’échange de documents. Certains s’en servent,pour mettre des textes d’auteurs en ligne, des postcasts (enregistrements sonores) ou des images étudiées en classe. Le blog s’apparente
alors à un manuel scolaire personnalisé. Le blog de travaux d’élèves Le blog est parfois le support d’un projet d’écriture précis. C’est alors un très bon outil pour des défis lecture, des prix littéraires : les élèves y inscrivent
au fur et à mesure leurs critiques d’ouvrages, leurs rédactions… Ils peuvent réagir les uns par rapport aux autres. Certains blogs de classe sont « multiprojets », véritables supports de cours, grands cahiers collectifs, comme le blog « Les mots à la bouche » du collège de Guérande. Il faudrait pour cela que les élèves aient des ordinateurs en classe pour écrire souvent. Peut-être cela se réalisera-t-il un jour. Quoi qu’il en soit, les élèves ont la main pour rédiger des articles sur le blog et les proposer à la publication.

Le « blog mixte »
C’est le cas de mes blogs sur WebLettres (« Partages » pour les secondes et « Traces de cours » pour les premières) qui ne sont pas strictement des blogs de prof, même si c’est moi qui initie les différents débats, les sujets des articles. Tendant vers deux buts à la fois, ils sont plus vivants, plus interactifs que des blogs cahiers de textes (même si l’on y retrouve les activités menées en classe, les groupements de textes), car les élèves sont
incités à répondre, à écrire des commentaires. Quelques devoirs sont mis en ligne aussi. Parfois, cela tourne à l’aide aux devoirs… et l’on entre alors dans les fonctions « magiques » que je découvre peu à peu à travers ces blogs.
Les fonctionnalités insoupçonnées de mes blogs: récit d’une découverte
Au départ, avant de me lancer, ne connaissant personne qui menait ce genre d’expérience mais vivement encouragée par le succès que rencontrait l’un de mes collègues avec son site de maths, j’avais une vague idée de ce que je voulais faire. C’est en pratiquant l’exercice que j’ai peu à peu découvert – mais non pas épuisé – les potentialités du blog.

Un cahier de textes amélioré

Mémoire des activités menées en cours consultable à tout moment, il permet de télécharger les documents essentiels, de chez soi. L’élève absent ou étourdi y retrouve les questionnaires de lecture. Les premières, en fin d’année, retrouvent, classés par objets d’études, tous les textes à réviser mais aussi des documents complémentaires, les photos des pièces de théâtre vues ensemble…
Moi-même, pour élaborer le descriptif des lectures et des activités en vue de l’oral de l’EAF, je n’ai plus à rechercher dans mes archives mal classées : il me suffit de faire un « copier-coller » des pages de mon blog qui récapitulent chaque objet d’étude. J’inscrirai d’ailleurs les références du blog sur le descriptif définitif : les examinateurs pourront s’y référer pour y retrouver plus précisément le reflet de ce que nous avons fait au cours de l’année.

Un café littéraire
C’est une collègue conseillère d’orientation qui a trouvé l’expression « café littéraire » après avoir consulté les blogs de professeurs de lettres sur WebLettres. Cette fonction était pour moi moins prévisible. Quand j’ai mis sur le blog une gravure représentant la rencontre de Julien Sorel et de Madame de Rênal, je ne m’attendais pas à avoir dix commentaires d’élèves sur le sujet en près d’un week-end, décortiquant le dessin (qui pourtant ne présentait pas un grand intérêt), discutant sur l’interprétation qu’on pouvait en faire… Le sujet littéraire en quittant la salle de cours perd son aspect purement scolaire : argumenter sur une gravure ou un sujet polémique de chez soi, avec un mode de communication habituel entre jeunes, c’est en faire un sujet naturel, où l’on s’implique davantage, alors que ce n’est ni noté, ni rétribué sous quelque forme que ce soit. C’est un geste de participation spontané des élèves, ce qui le rend assez beau, d’autant plus qu’il prend une forme écrite (malgré les fautes). Mes collègues de maths et d’histoire m’ont rapporté avec étonnement qu’ils entendaient les élèves à l’interclasse discuter entre eux de la personnalité de Julien Sorel. Nous venions justement de lancer un sondage sur le blog : « Trouvez-vous Julien Sorel sympathique ? ». Le débat littéraire a quitté les limites de la salle de classe et a investi les couloirs, pour devenir un sujet de conversation naturel.

Aide aux devoirs
Sans en faire de l’aide en ligne et en direct, qui nous demanderait une disponibilité permanente,
le blog permet à l’élève en détresse face à un texte ou un devoir de poser une question à travers les commentaires. On n’a pas toujours le temps de répondre comme on voudrait aux questions des élèves en cours ou à la récréation au lycée : le blog optimise cette aide car la réponse à un élève est à la disposition du reste de la classe. On ne va pas avoir à répondre plusieurs fois à la même question individuelle sur le devoir. Un élève de seconde s’est cassé le genou et les ligaments, ce qui l’a immobilisé chez lui pendant deux mois. Pour lui, le blog   a été un soutien, ses camarades ont pu lui témoigner de la sympathie, il a pu suivre le travail de la classe.

Album souvenir
Le blog crée du lien. En ce sens, il répond à ce que les adolescents attendent souvent d’Internet. On peut y publier des photos souvenirs de nos sorties (attention à demander aux parents l’autorisation de publier des photos de leurs enfants), de nos mises en scène de théâtre, etc., que les élèves aiment regarder ensuite. Ce côté convivial contribue à humaniser le blog et à ôter au travail littéraire (qui reste essentiel) son apparence a priori poussiéreuse et sclérosée. C’est aussi un appât. Celui qui vient sur le blog pour voir la photo de sa
copine va aussi tomber sur la question : « Qu’avez -vous pensé de la mise en scène ? » et va être tenté de répondre.

Ressource documentaire
J’aime bien y ajouter des documents complémentaires, pour faire réagir les élèves. On ne va pas se mettre à refaire l’explication de texte vue en classe, mais on va discuter sur un tableau qui pourrait être rapproché du dernier texte étudié. Le blog n’est pas un substitut du cours : c’est un « petit plus ». Certains élèves (pas les plus courageux) auraient pourtant bien aimé ne plus avoir à prendre les cours en classe, et espéraient que tout serait sur le blog ! Les images sont en couleurs, c’est plus attrayant qu’une vieille photocopie (qui peut cependant être donnée parallèlement au cours suivant). J’y mets aussi beaucoup de liens avec d’autres sites qui
leur permettent de compléter leurs connaissances sur un sujet. Certains élèves proposent même des liens spontanément. Il faut rester vigilant : les liens qu’on crée comportent parfois des publicités gênantes.

Accrocher ou raccrocher les élèves
Certaines réactions d’élèves sont très positives, pour des gens habituellement rétifs aux travaux écrits. Arnaud, en seconde, redoublant, drogué d’informatique, n’a jamais autant développé une réponse argumentée que depuis qu’il a pu la rendre en commentaire sur le blog. Sarah, en première, est accro alors qu’elle est faible. Les
exemples sont nombreux. Beaucoup d’élèves pas très forts se sentent rassurés. Ils disent souvent « merci », et cela même s’ils n’osent pas tous écrire des commentaires. Ce n’est pas non plus la solution miracle, et parmi mes élèves férus de jeux vidéo en ligne, certains ne donnent pas plus signe de vie sur le blog qu’en cours.

Hotline

Parfois on s’en sert pour signaler quelque chose d’urgent alors qu’on ne peut pas se revoir (certes sans savoir combien consulteront l’information). C’est ainsi que Léonard, en première, s’est rendu compte un mercredi que
Le Rouge et le Noir
passait à la télévision le jeudi à 14 heures. Il a aussitôt envoyé l’information sur le blog. Un élève de seconde s’est même servi du blog pour une demande de rendez-vous de ses parents. Je n’ai pas validé son commentaire car il ne concernait pas les autres, mais j’ai été mise au courant efficacement.

Support de devoir noté
Pour inciter ma classe de seconde, pas du tout littéraire, à aller sur le blog, j’ai proposé à ceux qui le voulaient de me rendre un mini-devoir (une question faisant suite au cours sur le personnage de Médée) en commentaire sur le blog. Les autres pouvaient le rendre sur feuille. Beaucoup ont préféré la feuille en pensant que sur le blog,
cela pouvait se perdre, c’était moins sûr… Depuis, on s’en sert pour la dernière chance
des retardataires. Je leur dis que, s’ils ont oublié leur copie de devoir, ils peuvent la rendre sur le blog le soir même. J’ai aussi demandé à de très bons élèves l’autorisation de  donner accès à leur copie aux autres par téléchargement.

Le don d’ubiquité
Cette impression de pouvoir dilater le temps si limité dont nous disposons avec les élèves en classe est exaltante. J’ai l’impression d’être avec mes chers élèves de premières S2 plus que 4 heures par semaine, parce que sans être vraiment avec eux, je suis encore un peu là s’ils en ont besoin. Et eux sont encore ensemble s’ils le souhaitent… On fait encore un peu cours hors du cours, hors du temps, hors de l’espace…

Les limites du blog
Face à un nouvel outil, on doit forcément se montrer prudent, et j’éprouve vraiment le besoin de réfléchir plus profondément à ces multiples pistes pédagogiques qui s’offrent brutalement. Plusieurs difficultés émergent.

Les codes de l’expression écrite sur un blog pédagogique

Il est parfois difficile de faire comprendre aux élèves qu’ici ils ne sont plus sur la messagerie MSN mais sur le blog du cours, et qu’il faut écrire en français correct. De plus, tous ne maîtrisent pas bien le maniement du clavier, et même s’ils sont persuadés d’avoir fait des efforts, de n’avoir pas laissé passer de fautes, l’orthographe de leurs messages est bien souvent catastrophique. Les rappels à l’ordre pour leur dire de veiller à leur langage ne sont pas très efficaces. Pour l’orthographe, l’idéal serait d’avoir une fonction de correction qui ferait apparaître les fautes d’une autre couleur… Les limites de ce qui est diffamatoire ne leur sont pas forcément naturelles. Une élève avait désigné dans son message l’une de ses camarades par le surnom peu élégant de « Durex ». J’ai refusé de publier ce message et lui ai expliqué que les surnoms pouvaient vexer les gens et que, d’autre part, le blog devait avoir une certaine tenue…
46 APPLICATIONS PÉDAGOGIQUES
Des outils pour le français
LES DOSSIERS DE L’INGÉNIERIE ÉDUCATIVE
Sans être
vraiment avec eux,
je suis encore un peu
là s’ils en ont besoin.
Une pratique chronophage?
On est tellement content de l’utiliser qu’on ne compte pas le temps qu’on y passe. Mais même si c’est vite fait d’insérer une image et une question sur un blog et si on n’est pas obligé de le gérer quotidiennement, dans le cas d’un blog comme le mien, on y passe effectivement du temps « en plus ». Cela peut heurter certains qui ont l’impression qu’on se laisse envahir à domicile par le travail, puisqu’on crée un lien extrascolaire avec les élèves. Cependant, je veux croire pour le moment que cet outil fait aussi gagner du temps, par exemple en explications sur un sujet de cours difficile. Cela fait gagner en efforts par rapport à des élèves dépendants des jeux vidéo et d’Internet, avec qui on peut rétablir un lien. On peut ainsi espérer équilibrer la balance. D’autant qu’il n’est pas question de mettre de vrais cours sur le blog, mais uniquement de lancer des débats, des questions ou de joindre des documents existants. Avec un peu d’expérience, en quelques clics, on a publié un nouvel article. Ce n’est pas plus long que de mettre à jour un cahier de textes.

Big Brother?
On peut se sentir observé dès lors que l’on choisit d’ouvrir son blog aux visiteurs. Il faut cependant noter qu’on a le choix d’organiser un accès limité aux élèves, et de le laisser ou non accessible aux autres. Personnellement, j’ai laissé l’accès de mes blogs ouvert, parce que je pense que dans cette phase d’expérimentation nous avons besoin d’observer ce que font les autres. Mais ce n’est sans doute pas la vocation des blogs pédagogiques, pour lesquels un accès limité est plus sécurisant. Certains parents disent qu’ils fréquentent régulièrement le blog pour rester en lien avec ce que fait leur enfant. Une maman m’a donné l’impression de repasser le bac français elle-même par cet intermédiaire. On peut apprécier ou être plus réticent… Une autre fois, un visiteur inconnu qui avait atterri là par hasard en cherchant une image sur Google a laissé un commentaire. Dans un premier mouvement, le message paraît sympathique puis, à la réflexion, on se dit que non, ce blog doit rester celui de la classe, sans intrusions extérieures. Heureusement, on peut toujours refuser de publier les commentaires importuns.

L’incertitude de l’usage à domicile du blog
Comment savoir qui consulte le blog ? On ne peut pas exiger sa fréquentation : certains parents ont même signalé qu’ils en interdisaient l’accès à leur enfant. On ne peut donc pas y mettre des éléments essentiels. Si certains élèves peuvent répondre à un devoir sur le blog, c’est forcément facultatif, ils doivent aussi pouvoir le rendre sous sa forme « papier » traditionnelle. N’ayant pas encore disposé de la fonctionnalité pour compter les visiteurs du blog, je me fie aux messages pour dire que oui, le jeu en vaut la chandelle, ce blog est bien lu… Mais combien le lisent sans laisser de message ? Mystère ! Le week-end où le site était hors service et où les blogs sont restés inaccessibles, j’ai pu entendre tout un chœur d’élèves s’en plaindre le lundi. Pourtant, ces protestations n’émanaient pas majoritairement de ceux qui y laissent le plus fréquemment des commentaires.
Je suis gênée, car le blog crée une inégalité. Un élève m’a dit : « En ce moment, Internet est en panne, chez moi.» Et il y a le problème de ceux qui se trouvent obligés d’aller au CDI ou à la médiathèque municipale pour voir le blog… La solution serait d’accéder au blog directement en classe, quand on aura nos fameux ordinateurs portables en seconde, pour cette classe « nomade » que nous attendons avec impatience.
À ce moment-là, le blog sera réellement égalitaire et interactif…